Accompagnement social et médico-social : le Premier ministre annonce une revalorisation historique des salaires

Santé | 21 février 2022

« C’est un choix de justice, de solidarité, et plus encore un choix de société, et c’est en ce sens que c’est un choix politique et républicain. »

Jean CASTEX, 18 février 2022

En conclusion de la Conférence des métiers de l’accompagnement social et médico-social, le Premier ministre Jean CASTEX a annoncé, vendredi 18 février, une revalorisation historique et immédiate de 183 € net mensuels des salaires des travailleurs sociaux ainsi que de nouvelles mesures pour améliorer l’attractivité du secteur. Ces annonces permettent de répondre à la forte désaffection des personnels (15 % à 30 % de postes vacants) que le secteur de l’accompagnement connaît, notamment depuis la crise sanitaire et en raison d’un faible salaire à l’embauche.

Une revalorisation historique et immédiate

La revalorisation de 183 € sera effective dès avril pour 140 000 professionnels des structures non lucratives (éducateurs spécialisés, moniteurs-éducateurs, etc.) et 29 000 professionnels sociaux-éducatifs des structures publiques autonomes. Cette mesure témoigne de la reconnaissance par l’État du rôle essentiel des travailleurs sociaux dans le soin aux personnes les plus vulnérables – handicapées et dépendantes – et la protection de l’enfance, en particulier depuis le début de la crise sanitaire.

Au total, cela représente un budget de 540 millions d’euros en 2022 (720 M€ en année pleine) pris en charge aux deux tiers par l’État et au tiers restant par les départements + 120 M€ supplémentaires en année pleine pour les agents publics.

Étendre les revalorisations du Ségur

Par ailleurs, le Premier ministre a annoncé la poursuite des revalorisations de l’avenant 43 de la branche de l’aide à domicile pour les personnels des centres de soins infirmiers associatifs et des centres de santé relevant de l’avenant (enveloppe de 4 M€) et l’application des revalorisations du Ségur de la Santé à des catégories qui n’en bénéficiaient pas initialement :

  • Aux médecins coordonnateurs dans les EHPAD, ;
  • Aux 20 000 aides à domicile des CCAS et CIAS ;
  • Aux médecins et sage-femmes du secteur de la protection maternelle et infantile (PMI) ; et
  • Aux professionnels des structures spécialisées (prévention, dépistage, accompagnement des publics en grandes difficultés sociales).

Améliorer les conditions de travail

De nouvelles actions sont également initiées pour améliorer les conditions de travail des personnels :

  • Structuration d’un comité de filière pour les métiers du secteur socio-éducatif ;
  • +120 M€ sur 3 ans pour la formation professionnelle et la validation des acquis de l’expérience ;
  • 500 M€ sanctuarisés par l’État et les départements pour compenser les effets d’une convergence des conventions collectives existantes vers une convention collective unique ;
  • Plan d’amélioration de la qualité de vie au travail (15 M€ pour former des managers et 50 M€ sur 4 ans de la branche AT/MP) ;
  • Campagne de communication en avril pour recruter dans les métiers du handicap.

Un effort financier conséquent

Au total, l’État et les départements s’engagent à hauteur de 1,3 Mds € en faveur de la filière socio-éducative, dont 830 M€ consacrés à l’extension du Ségur de la santé aux travailleurs sociaux. Il s’agit d’un « effort de la Nation inédit par son ampleur depuis 1945 » en faveur de ce secteur.

Retrouver le verbatim du discours de Jean CASTEX.

Visite à la résidence de l’Aar ORPEA à Schiltigheim

Communiqués | 2 février 2022

Le député Bruno STUDER s’est rendu ce jour à la résidence de l’Aar à Schiltigheim, un EHPAD du groupe Orpea.

Il a pu rencontrer à cette occasion le directeur de la structure ainsi que la directrice régionale du groupe mais aussi échanger avec les soignants, les résidents et plusieurs familles.

Cette visite inopinée (l’établissement a été prévenu la veille au soir), effectuée dans le contexte qui fait suite à la publication d’une enquête par un journaliste indépendant incriminant le groupe mondial, a d’abord permis au député d’affirmer son soutien aux personnels soignants qui sont au chevet des résidents et œuvrent quotidiennement à leur bien-être.

Il a également permis au député de rencontrer des résidents et certains de leurs proches. Ceux rencontrés au hasard de la visite de l’établissement ont tous témoigné leur satisfaction sur la manière dont leurs conjoints ou parents y sont pris en charge.

Au moment même où le PDG du groupe était auditionné par la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, les échanges avec la direction ont permis d’avoir un aperçu du fonctionnement de cet établissement et d’aborder les différents aspects de la prise en charge des résidents. Il a également permis de mesurer l’importance des contrôles opérés par les ARS et les Conseils départementaux mais aussi ceux des autres services de l’État. Une certaine stabilité du personnel sur ces dernières années est à relever. Aucune récrimination n’a d’ailleurs été portée à la connaissance du député depuis 2017.

Il convient de faire toute la lumière sur les graves dysfonctionnements qui sont décrit dans le livre de Victor Castanet et prendre des mesures strictes le cas échéant. À la demande de la ministre déléguée chargée de l’Autonomie, Brigitte Bourguignon, l’ARS mènera des contrôles inopinés dans les établissements d’Orpéa et une double enquête financière, menée par l’IGF, et administrative, menée par l’IGAS, sera ouverte.

Il ne faut pas pour autant jeter l’opprobre sur tout un secteur. L’immense majorité des soignants qui travaillent dans les EHPAD font un travail remarquable auprès des personnes âgées et avec le soutien de leur encadrement.

À leurs côtés, la mobilisation de la majorité en faveur des résidents des EHPAD est entière. Avec le Ségur de la Santé, 2,1Mds d’€ ont été consacrés pour leur modernisation et leur rénovation et 20 000 postes de soignants supplémentaires ont été financés. La présence de soignants continuera à être renforcée d’ici à 2023 avec la garantie d’un médecin coordinateur 2 jours par semaine minimum et une astreinte d’infirmiers de nuit.